Pour avoir évoqué la santé du Roi, trois journalistes condamnés à des peines de prison ferme au Maroc



Au Maroc, parler de la santé du Roi dans la presse peut mener son
auteur en prison. Le directeur général du journal Al-Michaal, Driss
Chahtane, vient de le vérifier. « Les policiers viennent d’entrer dans
mon bureau pour m’emmener en prison », a-t-il déclaré jeudi à
Reporters sans frontières (RSF), avant d’être effectivement arrêté
dans sa rédaction.
C’est très dur. C’est une catastrophe. C’est une grande injustice »,
a ajouté l’intéressé alors qu’il se trouvait chez le préfet pour être
conduit vers une prison encore inconnue. Driss Chahtane a été
condamné à un an de prison ferme par le tribunal de première instance
de Rabat. Deux autres journalistes de son journal, Rachid Mahamid et
Mustapha Hayrane se sont vus infliger des peines de trois mois de
prison ferme, selon RSF. Ces deux journalistes n’ont pas encore été
arrêtés, selon le rédacteur en chef d’Al-Michaal. Le 15 octobre 2009,
lors de l’énoncé du verdict, le procureur avait demandé «
l’arrestation immédiate » du directeur de publication, à l’appui du
chapitre 400 du code de procédure pénal. Le procès portait sur les
articles évoquant la santé du roi fragilisée durant le dernier
Ramadhan. Les trois journalistes ont été accusés de « délit de
publication », de « mauvaise foi », de « fausses nouvelles » et d’ «
allégations erronées ». Le procès a été expédié. Les avocats de la
défense s’étaient d’ailleurs retirés, lors d’une audience, pour
protester contre le comportement impartial de la Cour et l'absence de
conditions d'un procès juste et équitable.« Il n’y a pas de mot pour
qualifier ces condamnations à la prison ferme. Alors que les autorités
se targuaient de l’absence de journalistes en prison, voilà qu’un des
nombreux procès qu’elles intentent contre des journalistes mène à des
condamnations de prison ferme. Driss Chahtane est une cible régulière
de la machine procédurière mais un pas vient d’être franchi. Quel
crime ces journalistes ont-ils commis pour mériter cette peine? Nous
exprimons notre plus vive inquiétude à l’approche des autres procès
contre la presse qui doivent se tenir tout au long du mois », a
déclaré Reporters sans frontières dans un communiqué.

. .
Samedi 17 Octobre 2009
Lu 166 fois
MONDE
           

LA UNE | EVENEMENTS | REFLEXION | MOSTAGANEM | REGIONS | Faits divers | Non Dits | Trait D'union | CULTURE | DOSSIERS | DEBATS | REPORTAGE | SPORTS






Annonces Classées

DIVERS (0)


Les Plus Lus



Recherche