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La chasse aux cols blancs
La terre a tremblé et tremblera encore sous les pieds des gens de la noblesse. Le vent du changement a soufflé et rien ne semble arrêter cette machine mise en branle par le premier magistrat du pays. Le DRS fourbit ses armes pour traquer les corrompus où qu’ils soient, finit les années fastes où sévissaient impunité et arrogance des cols blancs. Des hommes politiques, des cadres et de hauts responsables à l’allure d’hommes d’affaires sérieux, mais ils ne sont en fait que des ambitieux véreux et des abuseurs financiers, à la solde parfois de commanditaires étrangers. Combien de fois ont-ils porté de sérieux coups à l’économie nationale, la mettant à genoux, en fraudant, en expropriant et en volant sans se soucier nullement des conséquences qu’ils allaient engendrées par leurs comportements irresponsables. Les fraudeurs sont repérables, maintenant à mille lieues du fait que leurs cols blancs se sont transformés en cols rouges. Le choix du DRS à prendre en charge ces dossiers, représente un élément-clé dans la politique de lutte contre la criminalité en col blanc menée par la présidence de la République. Aiguillonné certainement par des critiques et l’atterrissage de nombreuses plaintes au niveau de la plus haute institution de la République, Bouteflika durcit le ton contre les corrompus et leurs différents réseaux. Ces criminels de la haute société ont des talents particuliers et pour lutter efficacement contre eux, il y a lieu de leur opposer des gens qui ont le même talent voire mieux. Aussi, la création d’un office central de la répression de la corruption, redynamisation de la Cour des comptes, de l’inspection générale des finances (IGF) et la banque d’Algérie, révision du code des marchés publics sont entre autres, mesures dont le président de la République exige la mise en œuvre par le premier ministre. Les nombreux scandales de corruption qui ébranlent pratiquement l’ensemble des institutions de l’Etat, ont amené le chef de l’Etat à instruire son chef du gouvernement de mettre en œuvre « sans délai » un certain nombre de mesures institutionnelles et organiques. C’est ce qu’on relève en tout cas dans sa directive n°3. Occuper un poste de responsabilité en Algérie est devenu pour l’imaginaire collectif des Algériens, un moyen rapide de s’enrichir et de bénéficier d’avantages, sans pour autant avoir des obligations. Sur un autre registre, le citoyen attend beaucoup de la justice et le fait de se concentrer uniquement sur des affaires de petite envergure serait une erreur, tout le monde attend à ce que la justice algérienne s’investisse pour sa part dans la lutte contre la corruption en frappant très fort, il y a lieu de renverser la vapeur et mettre ces voyous à col blanc derrière les barreaux. Leur privation de toute liberté de mouvement leur permettra de méditer leurs actes, aussi longtemps qu’ils seront à l’ombre.
Amara Mohamed
Dimanche 24 Janvier 2010
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